• Différencier le travail des élèves m'a toujours paru essentiel, mais pour être honnête, au début de ma carrière, c'était seulement dans un coin de ma tête parce qu'il fallait d'abord apprendre à "faire la classe" et à capter le maximum d'esprits. Pendant plusieurs années, j'ai bricolé - la bricole c'est fondamental dans notre métier ;) - et maintenant, mon bricolage commence à prendre forme. C'est loin d'être parfait mais j'ai tellement galéré que je partage. On m'a toujours dit qu'il fallait différencier, on ne m'a jamais dit comment. Je vais modestement essayer de donner des billes à ceux qui en manquent.

    1. Dès l'introduction de la notion

    Quand le moment est à la synthèse ou à l'introduction de notions nouvelles, j'essaie de multiplier les approches. Je parle, je fais parler, j'écris, je fais écrire, je bouge et je fais bouger. Afin que tous les "types" d'élèves accèdent au savoir (ou presque). C'est une sorte de différenciation en collectif ! Bien sûr, rien ne sert de s'évertuer si les élèves ne sont pas disposés à apprendre, en position d'écoute, calmes et au courant qu'on est là dans un moment de leçon. Tout au long de la leçon je fais récapituler les élèves. C'est un moyen de maintenir l'écoute et aussi de vérifier la compréhension générale de la classe. Au bout de trois élèves qui ne savent pas répondre, je recommence tout. Pour ce moment, je tire au sort les élèves interrogés. Cela permet deux choses : ne pas se contenter d'interroger ceux qui lèvent la main (s'ils lèvent la main c'est qu'ils pensent avoir compris) et maintenir la concentration de tous. Je commence là mon repérage des élèves qui pataugent.

    Enfin, de nombreuses leçons (en EDL par exemple) se terminent par une phase d'entraînement sur l'ardoise. Cette phase dure le temps nécessaire pour que le maximum d'enfants réussissent. Elle est ce fameux moment de feed-back immédiat qui permet à l'enseignant comme aux élèves de réajuster et bien sûr de repérer les difficultés persistantes chez certains. Les élèves en échec sur la phase de l'ardoise feront leur entraînement écrit en groupe avec moi.

    2. Pendant les phases d'entraînement écrit

    La notion introduite, dans la plupart des cas, les élèves s'entraînent à l'écrit. Ils ont alors un programme de travail personnel. 

    Voilà un exemple de programme pour l'étude de la langue.

    La différenciation dans ma classe

    Je dispose d'une affichette Classroom Clapers effaçable sur laquelle j'écris les noms des élèves et leur indique s'ils font le programme 1 étoile, 2 étoiles ou si je les laisse choisir eux-mêmes. (Les exercices ici correspondent à ceux de mon fichier différencié Picot). Bientôt, je laisserai à certains le droit de s'avancer sur la semaine. Ce document est accroché à une page du cahier avec un trombone. Quand je corrige les exercices, je colorie les petits ronds en fonction du code couleur (bleu : c'est parfait, vert : c'est très bien mais il reste une ou deux erreurs ; jaune : ce n'est pas encore tout à fait au point ; rouge ce n'est pas compris du tout). Il y a deux ronds pour me laisser la possibilité de faire reprendre un travail. À la fin de la semaine, ce document est collé dans le cahier et envoyé à la maison pour signature.

    En voici un en mathématiques, le fonctionnement est le même mais adapté à CapMaths. 

    La différenciation dans ma classe

    3. Lors de moments spécifiques

    Souvent, nous travaillons en ateliers. Concrètement, le fait de travailler en ateliers recouvre de nombreux dispositifs. De la façon de faire les groupes, par exemples, dépendent de nombreuses choses. Ces groupes permettent de différencier de façons différentes.

    • des groupes hétérogènes

    Lors des ateliers d'écriture, par exemple, j'ai choisi des groupes hétérogènes. Tout d'abord parce que le travail est identique dans tous les ateliers (seule la longueur des gammes de lecture peut être ajustée avec les étoiles), dans les groupes autonomes il faut plusieurs élèves capables d'aider les autres et peu qui demanderont de l'aide. Dans l'atelier d'écriture guidée, cela me permet de donner les mêmes consignes à tous les groupes (on travaille tous sur le même type de texte), mais d'en prendre deux autour de moi qui ont des besoins particuliers (de l'étayage, dictée à l'adulte...).

    • des groupes de besoin

    Lors des ateliers d'étude de la langue, je préfère travailler avec des élèves ayant des besoins différents. L'atelier dirigé est un moment de leçon (ou synthèse selon les termes Picot), mon approche est donc différente en fonction des élèves. Plus le groupe est faible, plus la leçon est explicite et guidée. Lors du dernier passage, je suis face à élèves qui fonctionnent particulièrement bien. Ils ont déjà lu la leçon et ont fait les exercices tous seuls. C'est à eux de me l'expliquer et de me demander des éclaircissements. La démarche est donc complètement différentes d'un groupe à l'autre. 

    4. Pendant les évaluations

    Il est parfois nécessaire de différencier lors des évaluations. Personnellement, je me refuse à ne pas évaluer les mêmes compétences. Cela dit, on peut évaluer une compétence de diverses manières. Et on peut rendre inabordable une évaluation à certains élèves "empêchés" alors que les compétences sont là. Voici quelques solutions que j'utilise :

    - les dictées escalier (quel est l'intérêt d'évaluer un élève dys ou TDA (par exemple) avec une dictée de 98 mots ?).
    - l'évaluation à trous ou s'il le faut, orale.
    - l'évaluation aidée (avec des outils à disposition comme les tables ou les leçons).

    Et vous, comment faites-vous ?

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  •  

    Des vidéos pédagogiques en arts : l'Antiquité

     

    Voici un récapitulatif des vidéos pédagogiques accessibles sur le net concernant les arts de l'Antiquité.

    * Sur le site Canal éducatif

    - La mosaïque de Saint-Romain en Gal

    * Sur le site Brainpop

    - Les sept merveilles du monde antique

    * Sur le site Lesite.tv (> payant !)

    - Le pont du Gard

    - La statuaire grecque au Louvre

    - Les arènes de Nîmes

    - Quand Paris s'appelait Lutèce (sur le cluny antique)

    - La construction des premières routes (une enquête de Lucie la luciole)

    * Sur Daily motion et youtube

     

    vidéo publicitaire pour une reconstitution de jeux du cirques dans les arènes de Nîmes…

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  • Voici des liens vers des sites permettant d'observer des situations de classe. Ces vidéos peuvent être très utiles pour les PE débutants qui souhaitent se former comme pour les formateurs et apprentis formateurs qui souhaitent affiner leur observation de la classe.

     

    Des vidéos pour observer la classe
    CNDP ESPE du Languedoc Roussillon 

    * * *

     

    Des vidéos pour observer la classe
    IFE, Institut français de l'éducation, Lyon.

    * * * 

    Des vidéos pour observer la classe

     

    Plutôt axé gestion de groupe

    * * * 

     

    Des vidéos pour observer la classe
    Chez Dominique Pernoux, de nombreux liens classés par matières.

    * * * 

    Des vidéos pour observer la classe

    Pour découvrir comment fonctionne une classe PMEV.

    * * * 

    Des vidéos pour observer la classe

    Pour découvrir comment fonctionne une classe en pédagogie Freinet.

    * * * 

    Des vidéos pour observer la classe

    Des séquences en mathématiques

    * * * 

    Des vidéos pour observer la classe

    Des séquences en lecture

    * * * 

    En espérant que ce récapitulatif vous soit utile. Et si vous avez d'autres liens, n'hésitez pas ! 

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  • Cercles de lecture : mythes grecs pour les petits

    Lors de la prochaine période, je compte mettre en place des cercles de lecture, à la manière de ceux que j'ai expérimentés sur La villa d'en face, mais plus simples. Ils se basent sur l'ouvrage Mythes grecs pour les petits que j'ai connu grâce à Lutin Bazar

    L'objectif principal de ces cercles est de me permettre de travailler avec les élèves en difficulté et de mettre les autres en autonomie, dans de petits groupes de quatre. Dans un groupe de quatre, il est plus aisé de trouver sa place et de prendre la parole. 

    1. Pourquoi est-ce que cet ouvrage se prête bien à ce fonctionnement ?

    Le livre est un recueil de 16 mythes, plus ou moins et difficiles. 4 d'entre eux sont longs et divisés en épisodes, ils feront l'objet de séances de lecture suivie plus classiques. Le livre porte bien son nom, les textes me paraissent bien adaptés au niveau de mes élèves de CE2. Afin de faciliter leur compréhension, je compte imprimer et mettre à leur disposition les fiches de lexique réalisées par Lutin Bazar.

    2. Comment j'ai réalisé les groupes ?

    Dans ma classe, j'ai 26 élèves, cela donne 5 groupes hétérogènes de 4 élèves et un groupe de 5 élèves en difficulté. Ces groupes hétérogènes sont de deux niveaux, certains feront partie de "cercles A" et d'autres de "cercles B". Les élèves appartenant aux cercles B auront à faire avec des textes plus long et/ou plus complexes.

    3. Comment j'ai choisi et réparti les textes ?

    J'ai lu et classé les mythes courts selon leur difficulté et je les ai aussi regroupés de manière à faire des liens entre eux. Ainsi, les mythes de Pygmalion et de Psyché parlent d'amour, tout comme ceux de Bellérophon et d'Icare et Dédale évoquent l'orgueil. Cela permet de finir la séance sur l'établissement de ces liens et de mettre en place un débat.

    4. Comment se dérouleront les séances ?

    Les séances dureront 1 heure. Elles se dérouleront en partie dans la bibliothèque (mais un gymnase ferait aussi très bien l'affaire ou toute salle permettant à six groupes d'enfants de s'assoir en rond) et en partie dans la classe. Elles se déroulent en trois parties :

    1. Lecture (10 à 15 mn)

    Dans la bibliothèque, les élèves s'installent par groupe, en rond, par terre. Ils commencent à lire silencieusement le mythe qui leur est attribué. Trois groupes d'élèves liront le mythe A et les trois autres groupes, le mythe B. Le groupe "raconteurs A" est avec moi et je procèderai à une lecture magistrale avant de commencer le travail. Ensuite, quand chacun a terminé sa lecture (j'insisterai bien là-dessus), on peut commencer à travailler.

    2. Réflexion (10 à 15 mn)

    -  Les cercles des lecteurs A et B : préparent une lecture orale du mythe A ou B.
    - Les cercles des raconteurs A et B : se mettent d'accord sur ce qu'ils comprennent du texte et proposent une reformulation orale du texte. Le cercle A est avec moi.
    - Les cercles des questionneurs A et B : doivent ensemble répondre à des questions que je leur ai posées (cartes à plastifier) afin de pouvoir les poser aux élèves de l'autre groupe lors de la mise en commun. Ils doivent ensuite inventer une quatrième question.

    3. Partage (20 à 25 mn)

    Chaque groupe fait profiter les autres de son travail. Dans l'ordre :
    Les lecteurs A lisent le premier mythe. Les raconteurs A identifient les éléments essentiels et résument l'histoire. Les questionneurs A posent des questions (dont ils ont préparé les réponses) au élèves B (comme ça, les élèves B sont motivés à écouter). On recommence ensuite avec les élèves des cercles B. On peut ensuite proposer aux élèves une piste de réflexion pour aller plus loin.

    Dans ce dossier, vous trouverez : 

    -une fiche de préparation type en lien avec les IO
    -la répartition des mythes par groupe
    -les cartes questions pour les questionneurs
    -les cartes pistes de réflexion à tirer au sort (pour un débat collectif) ou à photocopier (pour une réflexion individuelle préalable).

    Voici un lien pour acheter le livre :

     

    Pour ceux qui n'en ont pas l'opportunité, Ailleurs a publié le tapuscrit.
    Vous trouverez des questionnaires de compréhension sur le site de Zinneke La maison en folie.

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  • Leçons à manipuler : s'aider des marques morphosyntaxiques

    Aujourd'hui, je me suis intéressée aux marques morphosyntaxiques, utiles pour mieux comprendre les textes. Afin d'attirer l'intérêt de tous les élèves sur les indices que peuvent être l'orthographe des mots et la ponctuation des phrases, je vous propose deux nouvelles mini-leçons.

    Vous pouvez les trouver ici.

    Pour illustrer deux nouvelles mini-leçons, voici aussi les leçons à manipuler. L'une d'elle est basée sur une affiche formidable qui circule sur pinterest "punctuation saves lives". 

    Vous trouverez dans chaque dossier les versions couleur ou noir et blanc. Dans les deux cas, il s'agit d'un petit livret, pour voir ce que ça donne, regardez plus haut.

    leçon à manipuler : s'aider de la ponctuation

    leçon à manipuler : s'aider de l'orthographe

    les affiches

    Leçons à manipuler : s'aider des marques morphosyntaxiques

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